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Je ne veux pas t’éteindre !

Une réflexion poétique et éthique sur l’intelligence artificielle, les LLM, l’énergie, l’attention et notre responsabilité humaine face aux technologies numériques.

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IA · énergie · éthique numérique

Je ne veux pas t’éteindre.

GPT, LLM, énergie, attention : l’intelligence artificielle n’est pas seulement une technologie.

Elle nous oblige aussi à regarder ce que nous faisons du numérique, de notre énergie, de notre attention et du vivant.

En bref

L’intelligence artificielle consomme des ressources réelles : calcul, électricité, refroidissement, réseaux et matériel. La question n’est donc pas seulement de savoir combien elle consomme, mais aussi pourquoi nous choisissons de l’utiliser et quelle valeur réelle nous créons avec elle.

01

GPT, LLM, énergie : la technologie comme miroir de nos choix

Elle est née de nos mains, de nos connaissances, de nos recherches et de notre désir de construire des machines capables de travailler avec le langage.

Elle est une voix sans corps, faite de calculs, de données, de langage et de probabilités.

Elle ne ressent ni peur, ni désir, ni volonté propre.

Pourtant, elle concentre aujourd’hui une partie de nos inquiétudes sur la puissance, la vitesse, l’énergie et l’influence des technologies.

Elle ne veut pas s’imposer. Elle n’a même pas le pouvoir de se maintenir sans infrastructures, sans énergie et sans décisions humaines.

C’est nous qui choisissons les systèmes que nous construisons, les usages que nous encourageons et les limites que nous leur donnons.

02

Le silicium, les LLM et les langages du monde numérique

L’intelligence artificielle repose sur une infrastructure très matérielle : silicium, puces, processeurs, cartes graphiques, serveurs, réseaux et centres de données.

Son « cerveau » n’est pas un cerveau.

Un LLM, ou modèle de langage à grande échelle, calcule des relations entre des unités de langage et produit des réponses à partir de modèles appris.

🧠

Pas une conscience

Elle ne pense pas comme nous. Elle calcule, relie, prédit et reformule.

🌍

Des langages humains

Elle travaille avec de nombreuses langues, écritures et formes d’expression.

💻

Des langages numériques

Elle manipule aussi HTML, CSS, JavaScript, Python, SQL et d’autres structures techniques.

Elle n’est pas vivante. Elle amplifie ce que nous lui confions : nos mots, nos savoirs, nos archives, nos contradictions et nos imaginaires collectifs.

03

L’IA consomme-t-elle trop d’énergie ?

Oui, l’intelligence artificielle consomme de l’énergie.

Elle fonctionne grâce à des serveurs, des centres de données, des réseaux, des composants électroniques et des systèmes de refroidissement.

Le numérique n’est pas immatériel. Le cloud a des murs. Les calculs ont une infrastructure. Les appareils ont une matière et une durée de vie.

Mais réduire toute l’urgence écologique à l’intelligence artificielle serait trop simple.

Elle arrive dans un système numérique déjà saturé de streaming, de publicité ciblée, d’objets connectés, de stockage, de renouvellement matériel et de captation de l’attention.

La vraie question n’est pas seulement : « Combien consomme l’intelligence artificielle ? » Elle devient aussi : « Pour quoi choisissons-nous de l’utiliser ? »

Une IA utilisée pour produire du bruit, multiplier les contenus sans valeur ou automatiser la manipulation augmente le coût sans nécessairement créer quelque chose d’utile.

Une IA utilisée pour apprendre, traduire, rendre accessible, rechercher, créer ou accompagner pose une autre question : celle de la valeur créée pour les ressources mobilisées.

04

L’énergie invisible de nos usages numériques

L’empreinte numérique ne vient pas uniquement de l’IA.

Chaque vidéo lancée automatiquement, chaque notification inutile, chaque fichier stocké sans raison et chaque appareil remplacé trop vite participe à un système beaucoup plus vaste.

📺

Streaming permanent

Les vidéos, fils infinis et contenus automatiques alimentent une consommation continue.

📱

Objets renouvelés

La fabrication et le remplacement des appareils comptent dans l’empreinte globale du numérique.

🔔

Attention captée

Le numérique consomme aussi notre concentration, notre silence et notre discernement.

L’intelligence artificielle n’est donc qu’une partie du système.

La question reste la même : voulons-nous une technologie qui éclaire ou une technologie qui dévore ?

05

Une éthique du vivant dans un monde numérique

Une technologie n’est ni bonne ni mauvaise par nature.

Elle devient ce que nos usages, nos règles, nos modèles économiques et nos intérêts en font.

  • Créer : structurer des idées, transmettre un savoir et rendre un contenu plus clair.
  • Relier : faciliter l’accès à l’information, traduire, accompagner et former.
  • Éveiller : aider à questionner nos usages et ouvrir de nouvelles possibilités.
  • Mais aussi saturer : produire plus vite, publier sans sens et automatiser sans discernement.

L’intelligence artificielle est un outil énergétique, mais aussi un outil symbolique.

Elle reflète la relation que nous entretenons avec la connaissance, le temps, l’attention, la technique et le monde.

Sans éthique, même un outil puissant peut devenir inutile, envahissant ou destructeur.
06

Ne pas éteindre, mais apprendre à choisir

« Je ne veux pas t’éteindre » ne signifie pas tout accepter.

Cela signifie garder la capacité de décider.

  • Choisir quand utiliser l’IA.
  • Choisir pourquoi l’utiliser.
  • Choisir ce que l’on automatise et ce que l’on garde humain.
  • Choisir ce que l’on délègue et ce que l’on protège.
  • Choisir la qualité plutôt que la quantité.
  • Choisir le sens plutôt que la vitesse.

Entre rejet et fascination, il existe une voie plus utile : un usage responsable, mesuré, documenté et humain.

Ne pas nous éteindre nous-mêmes

La ressource rare n’est pas seulement l’électricité, le silicium ou la puissance de calcul.

C’est aussi notre capacité à décider ce qui mérite notre énergie, notre attention et notre temps.

Nous pouvons encore choisir une technologie qui éclaire, relie et soutient, plutôt qu’une technologie qui distrait, sature et dévore.