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Le Digital à Impact Positif

Dans un monde numérique en constante évolution, les équipements, l'énergie et les pratiques numériques sont cruciaux pour un impact positif. Les équipements ont un impact environnemental notable, nécessitant des innovations pour réduire l'empreinte carbone. L'énergie renouvelable et l'efficacité énergétique sont essentielles pour une durabilité numérique. Les technologies numériques favorisent l'inclusion sociale et offrent des opportunités économiques. La loi PACTE en France encourage les sociétés responsables, tandis que la RSE promeut des pratiques commerciales durables. Une communication éthique et inclusive renforce la confiance et l'impact positif, et les plateformes digitales éco-conçues visent à minimiser l'impact environnemental.

NUMÉRIQUE · MATIÈRE · ÉNERGIE · USAGES

Le numérique n’est pas immatériel.

Derrière chaque écran, chaque service en ligne et chaque donnée circulent des machines, de l’énergie, des matières premières et des choix humains.

On parle souvent de transformation digitale comme s’il s’agissait d’un monde presque abstrait.

Pourtant, le numérique possède une infrastructure, une consommation, des effets sociaux et une empreinte bien réelle.

Pour comprendre son impact, je trouve utile de revenir à trois dimensions simples :

01

Les équipements

Ce que nous fabriquons, achetons, conservons, réparons et remplaçons.

02

L’énergie

Ce qui alimente les terminaux, les réseaux, les serveurs et les centres de données.

03

Les pratiques

La manière dont nous concevons, utilisons et organisons ces technologies.

Le numérique n’est pas séparé du réel. Il en est devenu une couche supplémentaire.

01 · LES ÉQUIPEMENTS

Avant d’être un service, le numérique est une machine.

Smartphone. Ordinateur. Tablette. Écran. Routeur. Serveur.

Ces objets se sont installés dans notre quotidien au point de devenir presque transparents.

Ils nous permettent de communiquer, produire, créer, travailler, apprendre ou accéder à l’information.

Mais un appareil numérique ne commence pas le jour où nous ouvrons sa boîte.

Il a fallu extraire des matières premières, fabriquer des composants, assembler l’appareil, le transporter, l’alimenter puis, un jour, le traiter comme déchet ou le réemployer.

Le cloud semble léger. Le matériel qui le rend possible ne l’est pas.

La première question d’un numérique plus responsable n’est donc pas nécessairement : « Quel appareil plus écologique acheter ? »

Avons-nous réellement besoin d’en acheter un nouveau ?

Allonger la durée de vie, entretenir, réparer, réemployer ou acheter reconditionné peut parfois être plus pertinent que remplacer systématiquement.

02 · L’ÉNERGIE

Un clic n’est pas un geste sans matière.

Une recherche, une vidéo, un fichier stocké, un appel en visioconférence ou une requête adressée à un service en ligne mobilisent une infrastructure.

Votre terminal
Le réseau
Des équipements intermédiaires
Des serveurs
Du stockage
Du refroidissement
De l’électricité

Cela ne signifie pas qu’il faut culpabiliser à chaque recherche sur Internet.

Cela signifie simplement qu’il faut abandonner l’idée d’un numérique sans infrastructure.

L’efficacité énergétique des équipements, des logiciels, des centres de données et des réseaux compte.

Le mix électrique utilisé compte également.

Mais réduire la question à « alimentons tout avec des énergies renouvelables » serait encore trop simple.

Une infrastructure plus efficace ne règle pas automatiquement la croissance permanente des usages.

Il faut aussi regarder ce que nous faisons de cette efficacité.

03 · LES PRATIQUES

La technologie compte. La manière de l’utiliser aussi.

Deux organisations peuvent utiliser les mêmes outils numériques et produire des effets très différents.

Tout dépend de ce qu’elles en font, de ce qu’elles automatisent, de ce qu’elles collectent et des comportements qu’elles encouragent.

01

Réduire ce qui est inutile.

Moins d’outils en doublon, moins de fonctionnalités jamais utilisées, moins de données collectées « au cas où ».

02

Concevoir plus léger.

Des pages plus sobres, des images optimisées, moins de scripts, moins de dépendances inutiles.

03

Rendre accessible.

Un service numérique responsable devrait pouvoir être utilisé par le plus grand nombre.

04

Préserver l’autonomie.

Automatiser sans transformer les utilisateurs ou les équipes en dépendants d’une boîte noire.

ÉCOCONCEPTION

Un site plus léger peut aussi être un meilleur site.

L’écoconception numérique ne consiste pas simplement à afficher une feuille verte dans le pied de page.

Elle commence par des questions beaucoup plus ordinaires.

Cette fonctionnalité est-elle nécessaire ?

Cette vidéo doit-elle se lancer automatiquement ?

Cette image doit-elle peser plusieurs mégaoctets ?

Avons-nous besoin de autant de scripts tiers ?

Cette page fonctionne-t-elle correctement avec une connexion lente ou sur un appareil ancien ?

Des outils comme EcoIndex peuvent fournir des indicateurs utiles sur certaines caractéristiques techniques d’une page web.

Un score reste toutefois un indicateur. Il ne remplace ni l’analyse du service rendu, ni la durée de vie des équipements, ni les usages réels.

L’écoconception commence souvent par une question très peu technologique : « Est-ce vraiment nécessaire ? »

INCLUSION · ACCESSIBILITÉ

Un numérique durable doit aussi être habitable.

Le numérique peut faciliter l’accès à l’éducation, aux services, à la connaissance, au travail ou aux soins.

Mais parler d’inclusion suppose de regarder aussi ceux que le numérique peut laisser de côté.

Une connexion insuffisante. Un appareil ancien. Un handicap. Une interface incompréhensible. Un langage trop technique. Une procédure entièrement dématérialisée sans véritable alternative.

L’innovation n’est donc pas automatiquement inclusive.

Elle le devient lorsque l’accès, la compréhension et l’usage réel sont intégrés à la conception.

Rendre un service disponible en ligne n’est pas encore le rendre accessible.

ENTREPRISES · RSE · RESPONSABILITÉ

La responsabilité numérique ne tient pas dans une charte.

Les entreprises intègrent de plus en plus les enjeux sociaux, environnementaux et de gouvernance dans leurs stratégies.

La RSE peut fournir un cadre utile. La loi PACTE a par ailleurs fait évoluer le droit français des sociétés et introduit notamment la qualité de société à mission.

Mais un statut, une raison d’être ou une charte éthique ne suffisent pas à rendre les usages numériques responsables.

Il faut regarder les décisions concrètes : durée de vie du matériel, choix des prestataires, collecte de données, accessibilité, automatisation, conditions de travail, pratiques marketing, sobriété des services.

C’est là que les principes deviennent — ou non — des pratiques.

COMMUNIQUER

L’éthique commence aussi dans la manière de parler.

Communication responsable, communication inclusive, transparence : ces notions sont souvent transformées en mots-clés marketing.

Pourtant, elles peuvent se traduire par des pratiques simples.

  • Ne pas promettre ce que l’on ne peut pas démontrer.
  • Identifier clairement la publicité ou les partenariats.
  • Éviter les interfaces volontairement trompeuses.
  • Écrire de manière compréhensible.
  • Prévoir des alternatives accessibles.
  • Limiter les stéréotypes et représentations réductrices.

L’objectif n’est pas de construire une communication parfaitement pure.

Il est d’éviter que la performance serve d’excuse à toutes les pratiques.

Peut-on être efficace sans manipuler ?

Oui.

Mais cela demande parfois de renoncer à certains raccourcis.

INNOVATION

Tout ce qui est techniquement possible n’est pas nécessairement souhaitable.

Le numérique ouvre des possibilités considérables : automatisation, intelligence artificielle, analyse de données, nouveaux services, nouveaux modèles économiques.

C’est précisément parce que ces outils sont puissants qu’ils méritent d’être interrogés.

L’innovation intéressante n’est pas, à mes yeux, celle qui ajoute automatiquement une couche technologique supplémentaire.

C’est celle qui améliore réellement une situation.

La technologie n’est ni mon ennemie, ni ma religion. C’est un outil.

VOIR · COMPRENDRE · AGIR

Le numérique responsable n’est pas un numérique parfait.

Il ne suffit pas de changer la source d’électricité d’un centre de données.

Il ne suffit pas d’acheter un ordinateur présenté comme plus vert.

Il ne suffit pas non plus d’ajouter « éthique » ou « durable » dans une stratégie de communication.

Il faut regarder l’ensemble.

Les équipements. L’énergie. Les usages. Les personnes. Les données. Les choix économiques. La durée.

Je ne cherche pas un numérique « propre ».

Je cherche un numérique que l’on regarde suffisamment pour comprendre ce qu’il fait.

Parce qu’avant de demander comment rendre le numérique plus durable, il faut peut-être commencer par demander :

de quel numérique avons-nous réellement besoin ?