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Recette pour une ICO

Illustration du neuro-piratage et de la captation de l’attention numérique
CRYPTO-ACTIFS · ICO · MICA · TRANSPARENCE

Avant de lancer une ICO, regardez ce que vous êtes réellement en train de promettre.

Créer un token est relativement simple. Construire un projet crédible, utile, sécurisé et juridiquement défendable l’est beaucoup moins.

Les ICO ont longtemps été présentées comme une manière rapide de financer un projet blockchain.

Mais une levée de fonds crypto ne se résume ni à un smart contract, ni à un white paper, ni à une communauté enthousiaste.

Il faut regarder l’utilité du token, les risques, la technologie, la manière dont les fonds seront utilisés et le cadre réglementaire applicable.

La bonne question n’est pas : « Comment vendre mon token ? » mais : « Pourquoi devrait-il exister ? »

01 · DE QUOI PARLE-T-ON ?

Une ICO est une levée de fonds fondée sur l’émission de crypto-actifs.

ICO signifie Initial Coin Offering.

Dans sa forme historique, un projet émet des tokens que des participants acquièrent afin de financer son développement.

Selon leur conception, ces tokens peuvent permettre d’accéder à un service, d’utiliser certaines fonctionnalités, de participer à une gouvernance ou de représenter certains droits.

Mais le mot « ICO » ne suffit pas à déterminer le régime juridique applicable.

Ce n’est pas le nom donné au token qui décide de ce qu’il est. Ce sont ses caractéristiques et les droits qu’il représente.

Important : cette page est une ressource pédagogique. Elle ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil financier, ni une recommandation d’investissement.

LE CADRE A CHANGÉ

En Europe, on ne peut plus raconter n’importe quoi autour d’un token.

Le règlement européen MiCA encadre désormais une partie importante des activités liées aux crypto-actifs.

Pour certaines offres au public de crypto-actifs dans l’Union européenne, l’offreur doit notamment préparer, notifier et publier un livre blanc sur le crypto-actif.

Ce document doit présenter des informations sur le projet, l’offre, les droits et obligations, la technologie sous-jacente, les risques et certains impacts environnementaux.

Les informations doivent être équitables, claires et non trompeuses.

Et les communications commerciales ne vivent pas dans un univers parallèle : elles doivent rester cohérentes avec les informations fournies.

Autrement dit : la communication ne peut pas réparer un projet mal cadré.

02 · AVANT LE TOKEN

Commencez par le problème. Pas par la blockchain.

Un projet n’a pas besoin d’un token simplement parce qu’il appartient au Web3.

Il faut pouvoir expliquer ce que l’utilisation d’une blockchain ou d’un crypto-actif apporte réellement.

01

Quel problème est résolu ?

Pas « quelle technologie utilisons-nous ? », mais quel besoin concret existe et pour qui.

02

Pourquoi un token ?

Si le même service fonctionne mieux sans crypto-actif, cette question mérite d’être prise au sérieux.

03

Quelle utilité réelle ?

Accès, paiement, gouvernance, mécanisme d’incitation : l’utilité doit être compréhensible sans quinze pages de jargon.

04

Pour qui crée-t-on de la valeur ?

Pour les utilisateurs ? Les fondateurs ? Les investisseurs ? Les plateformes ? L’écosystème ?

Si le projet n’a de sens que lorsque le prix du token monte, il y a peut-être un problème de produit.

03 · TOKENOMICS

La répartition raconte souvent davantage que le discours.

Combien de tokens existent ?

Combien sont détenus par l’équipe ?

À quel moment peuvent-ils être revendus ?

Quelle part revient aux investisseurs initiaux ?

Quel montant cherche-t-on à lever et pour financer quoi ?

Quels mécanismes peuvent créer une concentration du pouvoir ou des incitations contradictoires ?

La tokenomics ne devrait pas servir à produire une impression de rareté artificielle.

Elle doit permettre de comprendre comment le système fonctionne dans la durée.

Regardez qui reçoit quoi, quand, et sous quelles conditions. La confiance commence souvent là.

04 · LE LIVRE BLANC

Un white paper n’est pas une brochure commerciale.

Historiquement, beaucoup de projets crypto ont utilisé leur white paper comme un document de persuasion.

Une présentation ambitieuse. Une roadmap. Quelques graphiques. Une équipe. Et beaucoup de futur.

Le cadre réglementaire européen renforce aujourd’hui l’exigence d’information.

Pour les offres concernées par MiCA, le livre blanc doit notamment fournir des informations sur :

01

Le projet.

Qui le porte, pourquoi il existe et ce qui doit être réalisé.

02

Le crypto-actif.

Ses caractéristiques, ses usages et les droits ou obligations associés.

03

La technologie.

L’infrastructure sous-jacente et le fonctionnement technique pertinent.

04

Les risques.

Pas uniquement les opportunités. Les personnes doivent pouvoir comprendre ce qui peut aussi mal se passer.

05

Les impacts environnementaux.

MiCA prévoit aussi des informations concernant certains impacts négatifs du mécanisme de consensus sur le climat et l’environnement.

LE CODE AUSSI PEUT SE TROMPER

« Smart contract » ne veut pas dire « contrat intelligent et sûr ».

Un smart contract reste du code.

Et du code peut contenir des erreurs, des vulnérabilités ou des mécanismes mal conçus.

Tests, audit, documentation, contrôle des droits administrateurs et procédures d’urgence font partie du travail.

Le véritable sujet n’est pas de pouvoir afficher « blockchain » ou « audité » sur une page.

Il est de savoir : qu’est-ce qui a réellement été vérifié ?

05 · COMMUNAUTÉ

Une communauté n’est pas une armée de spéculateurs.

Discord. Telegram. X. Newsletter. YouTube. LinkedIn.

Les projets crypto savent généralement multiplier les canaux.

Mais le nombre d’abonnés ne dit presque rien sur la qualité d’une communauté.

Une communauté saine doit pouvoir comprendre l’état réel du projet, ses retards, ses risques et ses limites.

Elle doit aussi pouvoir poser des questions difficiles sans être immédiatement accusée de « FUD ».

Une communication transparente ne consiste pas à raconter uniquement ce qui donne envie d’acheter.

06 · ICO, IEO, IDO, STO

Changer le format ne supprime pas les questions.

ICO

Émission et distribution généralement organisées directement par le projet.

IEO

Distribution organisée via une plateforme d’échange centralisée.

IDO

Distribution via des mécanismes ou plateformes décentralisées.

STO

Terme historiquement utilisé lorsque les jetons représentent des droits à caractère financier. Le cadre juridique doit alors être analysé avec une attention particulière.

Ces termes sont utiles pour comprendre certaines pratiques du marché, mais ils ne remplacent jamais l’analyse juridique précise du crypto-actif et de l’offre.

CE QUI DEVRAIT ALERTER

Quelques signaux méritent de ralentir immédiatement.

01

Le token n’a pas d’usage clair.

Son principal argument est son potentiel de hausse.

02

La communication promet des gains.

Rendements, enrichissement rapide ou hausse présentée comme quasi certaine.

03

L’équipe reste floue.

Identités difficiles à vérifier, responsabilités peu claires ou parcours impossibles à confirmer.

04

La tokenomics avantage fortement quelques acteurs.

Forte concentration, déblocages rapides ou règles peu documentées.

05

Le risque disparaît du discours.

Beaucoup de promesses, aucune hypothèse défavorable.

06

Le marketing avance plus vite que le produit.

Une communauté immense, des partenariats annoncés, mais peu de technologie réellement utilisable.

07 · APRÈS

La levée n’est pas la fin de l’histoire.

Lever des fonds ne constitue pas une preuve de réussite.

Cela crée au contraire de nouvelles responsabilités.

Utilisation des fonds. Développement. Sécurité. Gouvernance. Communication. Retards. Incidents.

Le projet doit pouvoir expliquer ce qui a été fait avec les ressources obtenues et ce qui ne s’est pas déroulé comme prévu.

La confiance commence peut-être avant la levée. Mais elle se mesure surtout après.

VOIR · COMPRENDRE · AGIR

Je préfère une ICO compréhensible à une ICO spectaculaire.

Une technologie utile.

Un besoin identifiable.

Un token dont on comprend réellement la fonction.

Une équipe identifiable.

Des risques visibles.

Des documents cohérents.

Une communication qui ne transforme pas l’incertitude en promesse.

Dans la crypto, le problème n’est pas seulement de savoir ce que la technologie permet.

Il faut aussi regarder ce que le projet demande aux autres de croire.

Vous travaillez sur un projet Web3, une documentation, une stratégie éditoriale ou une communication autour d’un produit numérique ?

Je peux vous aider à clarifier ce que vous dites avant de chercher à le rendre plus visible.

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